L'expression graphique de Nadège Dauvergne Jeune artiste de l'Oise
Nadège Dauvergne a cette facilité déconcertante de faire sienne toute technique graphique. Qu'il s'agisse d'un motif croqué au fusain ou plus abouti à la mine de
plomb, d'un sujet émergeant du mélange encre/fusain ou résultant de la succession de traits de brosse trempée dans l'encre de Chine, chaque image que Dauvergne nous donne à voir ne contient que
ce qui est essentiel et nous émeut par sa simplicité.
Nadège Dauvergne n'invente rien. Elle se complait à esquisser un paysage, à construire un portrait, à composer une nature morte réduite à quelques éléments. Elle oublie tout de la
hiérarchie des genres si chère aux Anciens et n'envisage aucune abstraction à la manière des Modernes. Ses propos sortent même des sentiers battus de l'art contemporain dont la plastique,
avoue-t-elle, "ressemble plus à une escroquerie intellectuelle".
Nadège Dauvergne reste donc indéfinissable et ses oeuvres graphiques - et picturales -inclassables. Pourtant, ces dernières, par leur traitement comme dans leur rendu, peuvent
évoquer des grands noms de l'histoire de l'art occidental ou convoquer le savoir-faire des maîtres japonais de l'estampe ou de la peinture sumi-e. Bien que nourrie du legs de ses prédécesseurs,
sa pratique consiste avant tout à "faire des images" accessibles à tous et à proposer "une autre manière de se positionner face au système Art trop élitiste". Académique, symboliste,
expressionniste... Nadège Dauvergne revisite à sa manière tous les styles, toutes les écoles pour proposer quelque chose d'ordinaire. Calligraphique, onirique, magique... les adjectifs ne
manquent pas pour qualifier le dessin de l'arbre esseulé sur le plateau ; délicate, subtile et sensuelle, la fleur qui respire sur la pleine page ; surranné mais ô combien magistral son dernier
Autoportrait au fusain... L'expression graphique de Dauvergne demeure indéniablement et profondément singulière.
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